N°6 Novembre 2007

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En bref...




Imprint

Lancée par Lammhults Möbel AB, une société suédoise réputée pour son esprit écolo, la gamme de chaises et tables Imprint créée par les designers Peter Hiort-Lorenzen et Johannes Foersom est produite en Cellupress, un matériau à base des résidus de bois. Équivalent au plastique mais beaucoup plus écologique, il pourrait être utilisé pour la fabrication de nombreux meubles, tout en autorisant les designers à utiliser toute leur créativité.
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La chaise accordéon de Chishen Chiu
Une chaise flexible en papier qui peut accueillir 16 personnes... C'est comme la "fourmi de 18 mètres", ça n'existe pas! Et pourtant, le designer taïwanais Chishen Chiu l'a réalisé. Flexiblelove, son concept de chaise flexible en papier recyclé et en bois, avec sa structure en nid d’abeille semblable aux soufflets des accordéons se déploie à volonté.
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Des meubles "responsables"
au Salon Maison et Objet

Rendez-vous professionnel dédié à la décoration et à l’ameublement, le salon Maison et Objet, qui s’est tenu du 7 au 11 septembre à Villepinte, a célébré cette année les objets « responsables », le mobilier intérieur-extérieur et un certain retour à l’art décoratif. Fauteuil 1 : DEDON. Fauteuil collection "Yin Yang" tressé à la main, composé de résine et aluminium.
Fauteuil 2 : "Kraft Bench", design Carla Tennenbaum.











Tendance-Salon joue la récupération
Surfant sur la vague écolo, le salon Tendance Maison 2007 qui s'est tenu à Lyon du 6 au 14 octobre a misé sur le détournement d’objets dans son espace Eco Design agrémenté d'un parcours des produits qui protègent l’environnement. Présentée aux professionnels sur le dernier salon professionnel à Paris Maison et Objets, cette animation a été en quelque sorte "recyclée" cette année pour le grand public.
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Los Kartoneros
Révélation dans le petit monde des meubles en carton, l'équipe de designers argentino-tourangelle qui signent sous la griffe Los Kartoneros une série d'objets détournés de l'environnement urbain, cône de sécurité veilleuse, banc en forme de vache ou encore un siège hybride banc-fauteuil-chaise longue en carton ondulé contrecollé.


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La décoration écologique en papier
Phénomène médiatique ou véritable prise de conscience collective, l’écologie est désormais un thème obligé de la décoration. Un livre intitulé "La décoration écologique" présente les différentes solutions d’avenir pour réaliser la décoration de votre intérieur avec le souci de préserver l’environnement. Isolants naturels, enduits à la chaux, peintures sans solvants, revêtements naturels, textiles non traités...
Une multitude d’alternatives écologiques existent. Il ne reste plus qu’à passer à l’acte...
La décoration écologique
Auteurs : Guedj / Robic
Editeur : Fleurus
Prix éditeur : 14.90 euros











Ou à télécharger.
Soucieuse de soutenir les initiatives permettant d'encadrer et de développer le commerce équitable, la Délégation Interministérielle à l'Innovation, à l'Expérimentation Sociale et à l'Economie Sociale (DIIESES), publie et diffuse, en partenariat avec des Salons professionnels de référence ces « Mémentos » destinés à sensibiliser les professionnels et à leur donner matière à éclairer les consommateurs. Après « Le Mémento de la Mode Ethique » diffusé en 2006 aux Salons Ethical Fashion Show et du Prêt à Porter, la DIIESES publie le «Mémento de la Déco Equitable », à l'occasion du Salon Maison et Objet.
Le Mémento de la « Déco Equitable » édité en français et en anglais est téléchargeable :


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Détournement de chariot
Beaucoup moins risqué que le détournement d'avion, celui des chariots de compagnies aériennes. Et tellement plus lucratif. C'est ce qu'a compris Stephan Boltz, le créateur de Bordbar, une petite société installée à Cologne qui propose de donner une touche décalée dans les bureaux, restaurants, ou même à la maison, avec ces éléments fonctionnels revisités, customisés. Proposés sur une base est à 979 euros, la facture monte à 1200 euros lorsqu'on complète son chariot avec les aménagements intérieurs.











Meubles recyclés sur le net
Sept millions de tonnes de meuble sont éliminés chaque année en Allemagne dont 95% de ces meubles finissent en décharge et 5% seulement sont réutilisés. L'institut de recherche pour l'environnement (INFU) de l'université de Dortmund qui coordonne plusieurs projets qui ont pour objectif de sensibiliser l'opinion publique aux problèmes du recyclage a lancé un concours pour produire en série, des objets créatifs conçus à partir de meubles recyclés. Les idées les plus créatives déboucheront sur une production d'objets en série destinés à être vendus sur le site internet de Re-Use-net.


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Concours de création sur
thème de "la consommation durable"

Au lendemain du « Grenelle Environnement », le ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables a choisi de recentrer sa manifestation annuelle sur les thèmes de "la production et la consommation durables".

La 3e édition du concours « Le développement durable vu par les talents de demain », organisé dans le cadre de la Semaine du développement durable 2008 (du 1er au 7 avril 2008) invite donc les jeunes créatifs de 18 à 25 ans à interpeller le citoyen sur la thématique de la « consommation durable ». Les participants ont jusqu'au 3 mars 2008 minuit pour renvoyer leur oeuvre originale (ou sortie imprimée), à plat et au format obligatoire de 105 x 150 mm, en couleur ou en noir et blanc, à la française ou à l'italienne. La technique (dessin, aquarelle, gouache, infographie, photomontage...) et le style (humoristique, fantastique, poétique, réaliste, naïf...) sont libres, sous réserve du respect de l'ordre public et des bonnes moeurs. Trois lauréats seront sélectionnés par le jury.


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En plein dans le "Pano"
Les deux designers Eva Guillet et Aruna Ratnayake qui travaillent conjointement depuis 2003, à Marseille, sous l'enseigne du Studio Lo ont créé la chaise "Pano", assemblée à partir d'un panneau de contreplaqué prédécoupé.
Un concept déjà mis à l'honneur par la chaise Néo-Noé, du designer Philippe Riehling, dans le cadre de l'opération Eco-Design Bois Bourgogne


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La OZzgallery édite un luxe éco rare
Spécialiste de la prospective et directrice de l’agence Alchimie, Dominique Legay ne se contente pas d’anticiper les courants de l’air du temps. Avec son réseau d’amis et d’experts, elle a créé la maison d’édition OZzgallery qui donne la parole au designer Frédéric Ruyant avec la collection de mobilier Wood. Ces meubles en frêne, "sans artifice et sans maquillage", vendus en kit dans un coffre à assembler en meuble, sont numérotés de 1 à 50 et portent le nom de la forêt bourguignonne d'où est issu le bois.

Les créations de Frédéric Ruyant répondent à la volonté d’être exemplaire dans leur démarche d’éco-conception. Loin de l’éco-puritanisme, il imagine "des choses désirables parce que la Nature relève du plaisir". Meubles d’agrément et de divertissement, ce sont aussi "des objets de convivialité et de solitude" comme ces néo-cabanes à transformera en "salon urbain" ou en cabinet de lecture pour se chuchoter des confidences, s'accorder des moments de recueillement ou de méditation.

Le "Refuge à secrets OZz.1", une commande numérotée de 1 à 999, s'attache également aux exigences écologiques de l’époque. Pour son créateur Dominique Legay, il s'agit de "d'un acte manifeste pour répondre à l’émergence de nouveaux comportements politiques et humanistes autour de l’envie d’éco-rare."

Contact : OZzgallery
21, rue Saint Paul. 75004 Paris. France

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Le pouf en PVC Réversible
Confronté dans l'entreprise familiale à la gestion de bâches publicitaires usagées en PVC, Jean-Marc Imberton décide de créer sa propre société pour valoriser ce matériau difficilement recyclable avec l'appui de Texyloop, une filiale de Ferrari. Aujourd'hui, il commercialise une gamme de sacs et des poufs très tendances sous la marque Réversible.


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Cas concret

Des tissus à la fibre écolo,
mais seulement au bureau !

Alors que la vogue "écolo" bat son plein dans l'habillement, les tissus d'ameublement accusent un certain retard, sauf dans sur le marché du mobilier de bureau.

"Profitons du développement durable!" titrait, en septembre, la Une de Textilus, la lettre de l'expertise textile. Laquelle clôturait son numéro sur la récente affaire "des vêtements chinois considérés comme dangereux" avec leurs concentrations de formaldéhyde de 500 à 900 fois supérieures aux normes. Raccourci saisissant qui éclaire les enjeux que l'industrie textile est résolue à affronter !

Coton biologique ou équitable, griffé Max Havelaar comme le café, lin, chanvre et autres fibres "naturelles" dérivées du bois ou du bambou... Les magazines de mode et catalogues de prêt-à-porter mobilisent les fashion victims pour sauver la planète. La mode éthique a désormais ses stylistes, ses marques et ses salons comme l'Ethical Fashion Show dont la 4e édition s'est tenue à la mi-octobre à Paris. Si la filière "habillement" a viré au "vert", celle des tissus d'ameublement, d'un naturel moins tapageur, se montre plus réservée. Sans être, pourtant, inerte.

C'est que, pour l'heure, la partie se joue ailleurs. En amont de la filière, où les entreprises s'efforcent de distancer leurs concurrents sur le terrain sanitaire et environnemental. Au coeur de cette problématique, les entreprises d'ennoblissement se battent sur deux fronts. D'une part, pour réduire l'impact des procédés actuels de teinture, d'impression, d'apprêts ou d'induction... D'autre part, pour trouver des produits de substitution non toxiques.

Les 7 critères capitaux

La certification Oeko-tex Standard 100 des textiles garantit leur innocuité sur la base de 7 critères contrôlés avec des seuils d'acceptabilité fixés dans le cahier des charges pour :

• le pH ;
• le formaldéhyde;
• les métaux lourds : arsenic, plomb, cadmium, chrome, cobalt, cuivre, nickel, mercure, antimoine;
• les pesticides et herbicides
• le pentachlorophénol (PCP) et le tétrachlorophénol (TCP)
• les colorants reconnus cancérigènes ou allergènes;
• les carrieurs chloro-organiques (accélérateurs de teinture).

Les seuils d'acceptabilité sont définis pour chacun des critères en fonction de l'usage prévu des articles soumis à la certification : étoffes, layette, vêtements, textiles de maison, revêtements de sol, tissus d'ameublement...


La sécurité sanitaire des textiles n'est d'ailleurs pas récente. Notamment pour l'habillement compte tenu du contact intime et prolongé des vêtements avec le corps. Bien qu'il consomme un part notable des 370 millions de m2 de "tissus d'intérieur" ennoblis, chaque année, en Europe (soit 10%), le secteur de l'ameublement semble moins concerné. Sauf, évidemment, les fabricants de literie, aujourd'hui parmi les plus vigilants.

Des labels à profusion

Une étude publiée conjointement en 2004 par l’ADEME et l’IFTH recensait une soixantaine de labels pour les produits textiles, principalement pour l'habillement. Certains sont issus d'organismes nationaux ou supranationaux, d'organismes certificateurs, d'autres liés à des ONG, des regroupements d’entreprises voire des entreprises seules...

Pionnier dans ce domaine, et principale référence, l'Oeko-tex Standard 100 et son label "Confiance Textile" certifie, depuis 1992, l'absence ou la teneur réduite de substances indésirables. Ses contrôles sont classés en quatre niveaux d'exigences croissantes en fonction du contact avec la peau. Bien qu'elle s'adresse aux fabricants de tissus, avec sa Classe IV, dédiée aux matières de décoration et d'ameublement, cette certification ne compte qu'une quarantaine d'entreprises titulaires d'un certificat. Même si l'on y ajoute les ennoblisseurs de tissus ameublement, cette filière ne représente qu'une minorité des quelques 7000 entreprises certifiées selon l'Oeko-tex Standard 100.

Un constat que déplore Valérie Caillez, responsable communication de l'Institut Français du textile et de l'habillement (IFTH) : "La reconnaissance de ce label progresse assurément, surtout dans l'habillement, où il répond aux préoccupations sanitaires des professionnels."



Priorité à la sécurité

Plus ambitieux, l'éco-label euopéen présente l'avantage de reposer sur des critères d'éco-conception. Sa "petite fleur" caractéristique couvre actuellement une vingtaine de catégories de produits parmi lesquelles les textiles figurent en bonne place avec près de 70 titulaires. Outre la limitation de l'usage de substances dangereuses, il certifie les performances du produit au titre de la pollution de l'air et de l'eau et offre même des garanties en matière de tenue des couleurs, de résistance à la déformation. Mais, là encore, c'est la mode qui donne le ton. Parmi les fabricants de vêtements et de linge de maison, très largement majoritaires, on peine à trouver des certificats attribués à des tissus d'ameublement ou d'intérieur.

La filière serait-elle sourde aux sirènes environnementales ?

En fait, ces dernières années, les professionnels ont eu tendance à privilégier la sécurité "incendie" et les tissus à base de fibre ignifuge come le Trevira ou traités non-feu. Toute particulièrement pour le marché de la décoration, dans les collectivités. Réglementation oblige.

Pourtant, si l'on en croit, Annick Valls, responsable des achats de la maison Lelièvre, éditeur réputé de tissus d'ameublement, les mentalités évoluent :"nous ne faisons certes pas référence au label Oeko-tex, pas plus qu'à l'éco-label européen, dans nos cahiers des charges mais nous refusons l'usage de colorants azoïques et du formaldéhyde." Des précautions dont Joël Gaucher, responsable environnement du fabricant de sièges Leleu-Burov, relativise la portée dans la mesure où " sur ces points, la réglementation s'impose de fait aux fournisseurs de textiles."

À l'IFTH, on se veut pourtant optimiste. Pour Valérie Caillez, cette vigilance est le signe que "les entreprises, y compris dans la filière ameublement, ont bien intégré les contraintes sanitaires depuis le durcissement de la réglementation sur les colorants azoïques, en 2003."
Sont-elles mûres pour s'engager sur le terrain du développement durable? En tous cas, elles disposent déjà d'outils pour avancer sur ce terrain. S'agissant de la gestion des déchets, par exemple, l’IFTH et l'Ademe ont mené plusieurs actions ces dernières années. Elles sont également accès, depuis 2003, au référentiel des "Meilleures pratiques" du secteur, au sens de la directive IPPC (96/61/CE) relative à la prévention et à la réduction de la pollution.

Qu’est-ce qu’un colorant azoïque ?
C’est un colorant contenant une double liaison azote dans sa structure moléculaire. Les colorants azoïques représentent plus de la moitié des colorants employés dans le monde, toutes utilisations confondues.

Un usage très encadré :
Depuis le 9 septembre 2003, le décret (n° 2003866) relatif aux colorants azoïques dans les articles en tissu et en cuir en contact avec le corps humain) interdit d’utiliser certaines amines aromatiques jugées cancérigènes, en application avec une norme européenne, EN 14362, transcrite en droit français sous deux appellations :
• NF EN 14361-1 : pour les colorants azoïques accessibles sans extraction, interdits dans les textiles en fibres de cellulose (coton ou viscose par exemple) ou protéïniques (laine, soie...).
• NF EN 14362-2 : pour les colorants azoïques extractibles interdits dans les produits textiles en fibres synthétiques (polyester, polyamide...)


Les domaines d’application
Sont concernés, les articles textiles ou cuir susceptibles d'entrer en contact direct et prolongé avec la peau humaine ou la cavité buccale comme :
• Les vêtements, la literie, le ligne de toilettes, les postiches, perruques, chapeaux et autres articles d'hygiène ou sacs de couchage,
• Les chaussures, articles de maroquinerie, dessus de chaises,
• Les jouets comportant des éléments en tissu ou en cuir,
• Les fils et étoffes destinés au consommateur final.


L’IFTH qui a placé le développement durable au nombre des priorités de son Réseau Industriel d’Innovation Textile Habillement (R2ITH) n'entend d'ailleurs pas s'arrêter à la réglementation. Il a récemment lancé le projet ECOFITH visant à développer, à partir d'une base de données, un logiciel d'analyse du cycle de vie (ACV) des fibres pour l'éco-conception. Si l'on en croit Valérie Caillez, les résultats attendus d'ici trois ans "pourraient réserver des surprises en remettant en cause des réputations trop facilement acquises par les fibres naturelles."

Timide ouverture à l'environnement

Cette transition lente vers les préoccupations environnementales, François Litty, correspondant du R2ITH à Mulhouse, la juge d'autant plus méritoire que "les industriels de l'ameublement imposent à leurs fournisseurs de textiles des cycles courts qui favorisent plus la réactivité aux exigences immédiates que l'anticipation des enjeux à moyen terme. » En revanche, précise-t-il, "les donneurs d'ordre de l'automobile, des transports ou du bâtiment fixent des exigences environnementales plus fortes et plus précises, justifiées par les cycles de développement plus long." Cette pression qui concerne essentiellement les tissus techniques commence cependant à gagner d'autres marchés. Comme le confirme, Laure Crépy, responsable marketing de la maison Lelièvre, qui, pour les tissus de décoration, doit parfois répondre "à des exigences de type HQE de la part, notamment, d'architectes d'intérieurs et de grandes chaînes hôtelières."


Venant des fabricants de sièges et de canapés, ce genre de demande reste marginal. Rares sont ceux d'ailleurs qui revendiquent une démarche environnementale. Quand c'est le cas, comme le fabricant de fauteuils et canapés bourguignons B. Marly, la question des tissus n'est même pas abordée.

Même les plus en pointe en matière d'éco-conception font l'impasse sur ce sujet. La société Leleu-Burov, par exemple, "a surtout veillé aux boiseries, aux composants mécaniques ou chimiques d'assemblage et aux mousses"de ses fauteuils et canapés éco-certifiées NF Environnement. Mais, avoue, Joël Gaucher, son responsable environnement, "rien n'a été prévu pour les revêtements tissus." Un oubli que l'entreprise envisage de combler "lorsqu'elle disposera de critères solides pour évaluer l'offre des fournisseurs."

Une source d'innovations

Pourquoi d'ailleurs se presser puisqu'en matière de revêtements, la plupart des consommateurs se soucient presqu'exclusivement de résistance et d'entretien ? Ce n'est pas le cas, en revanche, des acheteurs de mobilier de collectivités et, surtout, tertiaires, manifestement beaucoup plus sourcilleux. Sur ce marché où l'Europe du Nord donne le ton, où les détenteurs de labels NF Environnement sont nombreux, certains fabricants ont, en matière de textile, des exigences comparables à ceux de l'automobile ou du Bâtiment.
Chef de file de ce marché, Steelcase a même donné une dimension stratégique à ses achats de textiles avec l'acquisition de la société DesignTex et la multiplication des partenariats technologiques.

Ainsi, dès 1995, pour ne pas avoir à fusionner du coton et du plastique PET provenant de bouteilles recyclées, Steelcase et sa filiale ont mis au point, avec McDonough Braungart Design Chemistry et le suisse Rohner Textil, la gamme de tissus Climatex, à partir de laine et de ramie, également appelée « ortie de Chine ». Plus récemment, ils ont fait appel à la société québécoise Victor Innovatex qui fabrique un tissu polyester indéfiniment recyclable car exempt de produits toxiques. Mais cette course à l'innovation n'est pas réservée à l'Amérique du Nord. En Europe, Steelcase a collaboré avec le danois Gabriel, référence en matière de textiles éco-conçus pour le fauteuil Think et la gamme de sièges d'accueil " B Free Lounge" au design très 70's.

Retour à la compétitivité!

Une telle capacité d'investissement n'est évidemment pas à la portée de toutes les entreprises. Tant dans le textile que dans l'ameublement. Mais heureusement, les organismes professionnels s'efforcent de mutualiser les ressources et créent des réseaux pour développer l'innovation, notamment sur le plan environnemental.

Région pilote pour le textile, le Nord-Pas-de-Calais a mis en oeuvre, avec la Wallonie, le projet transfrontalier Envirotex qui vient de dresser le bilan de ses trois premières années d'actions. Valorisation et recyclage des déchets, traitement des eaux usées, économie d'énergie... Le palmarès des 250 entreprises embarquées est beaucoup moins vendeurs que les communiqués des majors du secteur. Mais qu'on ne s'y trompe pas. Une fois ces progrès accomplis, les entreprises disposeront d'une base solide pour mettre à profit les partenariats scientifiques en cours, comme Wetlands Engineering qui fédèrent autour de Louvain-la-Neuve, sept universités, trois centres de recherches et seize PME à travers l’Europe pour créer des colorants moins polluants et à haute valeur ajoutée.

Plus résolues dans la défense de la propriété intellectuelle et des normes environnementales, l'Union européenne est convaincue que l'industrie européenne du textile est désormais de taille ""à faire face à la nouvelle dynamique engendrée par la mondialisation." S'appuyant sur les conclusions du groupe d'experts «Textile et habillement», elle considère que les textiles techniques et, contre toute attente, l'habillement sont mieux armés pour innover et faire jouer la responsabilité sociale des entreprises. Espérons qu'à ce jeu, les tissus d'ameublement ne pâtiront pas de leur position intermédiaire.

Le cuir sur la sellette

Le tannage du cuir dit "écologique" à base d'éléments végétaux, popularisé par la marque brésilienne Veja, est encore réservé à l'habillement. La majorité des peaux destinées à la sellerie et à l'ameublement sont, quant à elles, tannées aux sels de chrome, un procédé plus performant mais très polluant que les tanneurs s'efforcent d'améliorer.

Confrontées aux réglementations communautaires sévères en la matière, les tanneurs européens supportent des coûts élevés pour le traitement de leurs rejets et subissent, de ce fait, la concurrence des pays moins regardant sur le plan environnemental et social. Aujourd’hui, grâce aux efforts dans le traitement des effluents, la teneur moyenne en chrome dans les boues se situe à environ 10 g/kg en France soit 60 tonnes contre 25 g/kg soit 23 000 tonnes pour le reste du monde.


Des alternatives probantes

Mais le secteur de la tannerie devrait bientôt tirer parti des programmes de recherches de l'industrie chimique et des grands laboratoires soutenus par l'Union européenne.
Parmi les projets en cours, on retiendra le tannage en milieu solvant mis au point par l'École Nationale Supérieure de Chimie de Toulouse avec l’Asdemeg dans le cadre du programme Life de la Commission européenne. Le chrome n’est plus solubilisé dans des bains aqueux mais uniquement dans les peaux où il migre et se fixe ensuite dans le collagène grâce à un agent alcalin tandis que le solvant s’évapore. Ce système réduit les sels de chromes de 30 à 50% et supprime les rejets.

Autre démarche, l'utilisation de dioxyde de carbone dit "supercritique", développée par le CEA de Pierrelatte en partenariat avec les Tanneries Roux, les Tanneries du Puy et les Tanneries d'Annonay. Cette méthode également expérimentée pour la teinture des tissus, consiste à mettre en suspension les sels de chrome dans du CO2 dans un réacteur où il subit une agitation magnétique. Deux fois plus rapide que par la technique traditionnelle, l'imprégnation des peaux durant 15 à 20 minutes ne produit aucun effluent. Troisième alternative, enfin, l’utilisation de silice selon le brevet européen FELIDERM W de Hoecht. Reprenant les tentatives des tanneurs italiens, dans les années 40, les chercheurs ont utilisé la silice sous forme colloïdale lors du pré-tannage qui permet l'absorption complète du chrome par les peaux et se diminution de près de 100 fois dans les effluents.

Perspectives incertaines

Ces efforts pourraient être récompensés. Selon une enquête par l'institut italien Doxa pour l'UNIC (association des tanneurs italiens) menée auprès de plus de 2.500 consommateurs aux Etats-Unis, en Allemagne et en Italie, le comportement du tanneur en matière de développement durable est plus important que la marque elle-même : 83,2% des consommateurs seraient disposés à dépenser plus pour s'assurer que le produit est respectueux de l'environnement et des conditions de travail.

Mais, au regard des évolutions en cours, les tanneurs sont confrontés à un dilemme. Aujourd’hui, l’utilisation du chrome est inévitable pour fabriquer des cuirs de bonne qualité. Son traitement cependant ne semble pas une solution durable. Les techniques de substitution, aujourd'hui plus onéreuses, gagneront en rentabilité et en efficacité. Les industriels doivent donc trouver le bon compromis entre la qualité, la compétitivité et l’investissement, pour préserver l’environnement.

La literie toujours en éveil sur la qualité des fibres

Soumis à la règle du contact corporel, les fabricants de literie sont a l'affût des nouveaux textiles positionnés sur le créneau de la santé et de l'environnement.

Fortement exposés aux exigences sanitaires en raison du contact intime et prolongé des consommateurs avec leur literie, les fabricants mettent, en outre, l'accent, à grand renfort d'arguments médicaux, sur la qualité du sommeil, dans toutes leurs actions de promotion. En témoigne, le nombre impressionnant de références qui figurent généralement sur les matelas. Brevets maison, procédés exclusifs de fournisseurs et certifications indépendantes... Les principaux composants des matelas affichent des caractéristiques dont les mérites touchent généralement à l'hygiène (traitements anti-allergique, anti-acariens) et au confort, obtenu grâce aux propriétés des matériaux, notamment ceux d'origine naturelle.
Les spécialistes des matelas "latex", Pirelli en tête, insistent évidemment sur les vertus de ce matériau que plusieurs sociétés du secteur ont pris soin de promouvoir à travers le label Euro-Latex auquel participe également Dunlopillo.

Au chapitre des textiles proprement dits qui entrent dans la composition des garnissages et des coutils, l'ensemble des fabricants font assaut de référence. Adeptes de la certification Oeko-Tex Standard, comme leurs confrères du linge de maison et de la literie, ils sont également friands de textiles de nouvelle génération, naturels ou synthétiques.

Bultex, filiale de la Compagnie financière européenne de la literie (COFEL) met l'accent sur ces coutils en proviscose, composée de 30% de lyocell, une fibre à base de cellulose de bois réputée pour être très respectueuse de l'environnement. Une fibre que Pirelli utilise également sous une autre appelation. L'autre marque du groupe, Merinos, fait quant à elle la promotion des fibres dérivées du bambou, comme d'ailleurs son concurrent Dunlopillo.

Ce dernier met également l'accent, comme la marque Treca sur le recours à la technologie Ingéo, une fibre réputée "hypoallergénique" fabriquée à partir du maïs, très en vogue dans le secteur de la literie.
Certains industriels se sont laissé séduire par l'éco-conception, comme Dunlopillo qui affiche les résultats de sa collaboration avec le FCBA (ex. CTBA) dans ses usines ou encore Simmons qui l'a mis en pratique avec le matelas Futsi et le sommier Oki. Présenté au Salon du Meuble 2003, cet ensemble inspiré du futon a reçu le prix de l'Innovation 2003. Aucune marque française, en revanche ne s'est encore engagée dans la voie de l'éco-label européen dont le rayonnement reste d'ailleurs limité. Pour l'heure, dans cette catégorie, la "petite fleur" a fait surtout des émules en Grèce.

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