En bref...
|
L'environnement à l'honneur MILAN 2007
Le majestueux bâtiment conçu par Massimiliano Fuksas à Rho accueillait la 46ème édition du salon du meuble de Milan, du 18 au 23 avril. Signe des temps, la tendance
"Nature-Environnement" était fortement représentée. Non seulement par la profusion de
produits écologiques et recyclables mais aussi, par le nombre de création évoquant la nature :
le vert cru des prairies, les fleurs printanières, de couleurs vives ou pastel, en impression sur
les revêtements (Moroso, Cappellini) ou en insert dans la matière elle-même (Kartell), les
matériaux naturels comme le bois, en fines lamelles comme chez les fabricants scandinaves ou
en massif, des paravents très aériens ressemblant à la texture des nuages ou à la transparence
de l’air, des revêtements en poils d’animaux (le zèbre ou la vache chez Poltrona et Mattéo Grassi)
Lien sur le site
|
|
Marseille fête l'éco-design
Le "centredesignmarseille" propose, par le biais de différents événements, de fêter la nature et tout ce qui concourt à la préserver. Sa manifestation Ecodesign présente de façon didactique et
ludique deux expositions consacrées à des créateurs, comme celles de Martine Camillieri, des designers Benedetto et Victor. Pour sa part, le "centredesignmarseille" accueillera durant un mois, du 6 juin au 7 juillet,
l’exposition écoMatériO qui met l'accent sur la "matière" comme l’aluminium, le bois, le maïs, le bambou ou les fibres, pour en révéler les propriétés en terme de développement durable et
d'éco-conception.
Contact : info@designmarseille.org
6 avenue de la Corse, 13007, Marseille Tél./Fax: 0491540888
Lien sur le site
|
|
ECO-CONCEPTION Naissance de CREER
Sept entreprises, leaders dans leurs domaines d’activité respectifs, s’associent afin de mutualiser
leurs recherches sur l’éco-conception et le recyclage au sein de CREER (Cluster Research :
Excellence in Ecodesign & Recycling).
Les entreprises, Renault, Steelcase, Areva T&D, Plastic Omnium, Veolia Environnement, le
Groupe SEB ainsi que le Centre Technique des Industries Mécaniques (CETIM), issues de
secteurs aussi divers que l’automobile, l’ameublement, l’énergie électrique ou
l’électroménager, avaient toutes déjà entamé des démarches environnementales poussées.
Mutualiser les recherches est la réponse de CREER, pour progresser plus vite sur l’écoconception.
Deux projets ont été immédiatement lancés. Le premier vise à identifier
les freins et opportunités relatifs à l’utilisation de matières premières recyclées. Le second
concerne l’évaluation des méthodes de calcul du recyclage des produits, avec un enjeu sousjacent
de taille : que tout le monde parle le même langage quand il s’agit du recyclage des
produits.
En savoir plus :
Benjamin Girard
Tel : 01 53 34 01 87
Mail : communication@design-project.net
|
|
Eaux claires pour tissus d'ameublement labellisés
Pour répondre aux nouvelles directives de la Communauté urbaine de Lille, la Société
d’Impression d’Hem (SIH), spécialisée dans la teinture, l’impression et le traitement du tissu
d’ameublement, s’est dotée d’une nouvelle station automatisée de traitement des eaux usées.
Elle a profité de cet investissement pour recycler 50 % de ses eaux traitées et les réutiliser
dans son process. Cette politique d’économie et de traitement des eaux s’inscrit
dans une démarche de double labellisation Ecolabel et Oeko-Tex car, précise Guillaume Segard,
directeur général de SIH, "nos clients sont sensibles à une démarche écologique tant sur les produits utilisés que sur les traitements des effluents".
Contact : Société D'Impression D'Hem (S.I.H)
52 av Henri Delecroix - 59510 Hem
Tél. : 03 20 89 66 00
Lien sur le site
|
|
De l'éco-conception à l'aide au développement
Donner une seconde vie au vieux mobilier scolaire, c'est l'idée de Jorgen Lindgren Hansen,
directeur de Mobilier VS France, principal fournisseur des collèges des Hauts-de-Seine en
mobilier scolaire. Cette entreprise impliquée dans l'éco-conception et détentrice de cinq
certifications NF Environnement pour ses produits s'est par ailleurs engagée dans l'aide au
développement.
"Plutôt que d'envoyer le mobilier à la casse, on a monté un projet pour l'envoyer dans les pays
qui ont en besoin. Au Togo, entre 25 et 30 % des écoles n'ont pas de meubles pour les élèves"
explique-t-il. Aujourd'hui chaises et tables sont devenus totalement recyclables. Nettoyées,
elles peuvent être envoyées aux écoles des pays en développement. Le point noir reste le coût
élevé du transport, entre 3200 et 3500 euros par conteneur.
Selon Mobilier VS France, 10 000 chaises et tables pourraient être ainsi récupérées chaque
année, soit dix conteneurs par mois. Restent à trouver les mécènes ou les sponsors pour
continuer cette action de solidarité. En deux ans, grâce à l’Unesco, six conteneurs de mobilier
scolaire ont été envoyés en Afrique : deux au Togo, deux au Bénin et deux au Cameroun. Le
prochain conteneur partira pour la Chine.
Contact : Mobilier VS
Tour D'Asnières
4, avenue Laurent Cély 92606 Asnières
Tél. : 01 41 97 03 50
Lien sur le site
|
|
Cas concret
"Génération Confo" : une touche écolo à la chambre d'enfant pour séduire les jeunes parents
Soucieux de mettre l'éco-conception à la portée des nouvelles générations, Conforama et Gautier ajoutent une dimension environnementale à un modèle innovant de chambre d'enfant.
La qualité environnementale à la portée de tous, tel est le nouveau credo des spécialistes de l'équipement du foyer en phase avec leur époque. Plus fort que le design, place désormais à l'éco-design dans sa version la plus radicale, à la fois écologique... et économique.
À l'origine de cette petite révolution, le partenariat entre Conforama, le numéro 2 mondial du secteur, et Gautier, l'un de ses fournisseurs les mieux placés sur ce terrain. L'occasion, pour le fabricant vendéen, d'appliquer à son domaine de prédilection, la chambre d'enfant, les préceptes de l'éco-conception, déjà testés avec succès dans le mobilier de bureau.
Un concept de meuble innovant...
Reconnu depuis sa création pour sa créativité dans ce domaine et présent dans plus de 350 points de vente , Gautier commercialise aussi ses créations sous les marques Gami, dans les enseignes spécialisées et Galipette pour la puériculture. En 2006, le fabricant lance, sous le nom de Spirale, un concept astucieux de chambre de bébé transformable, en chambre junior. En peu de temps, il trouve sa place chez Conforama.
Désireux de présenter une réalisation lors de la Semaine du Développement Durable et pérenniser ainsi la démarche de l'enseigne dans l'ameublement, Pascal Darbon, chef de produit Chambre et Bureau, propose de pousser l'avantage. "À défaut de créer de toute pièce un modèle éco-conçu, pourquoi ne pas appliquer la démarche à cette chambre modulable ?"
Banco, répond immédiatement Gautier qui, fort de son expérience de l'éco-certification, dispose de tous les outils pour "customizer" son produit en ce sens. Un nouveau cahier des charges est ouvert. Au programme : économie de matières premières, choix de panneaux de particules à très faible teneur en formaldéhyde, remplacement du PVC par l'ABS, emballage et transport optimisés... Le tout, sans changer l'apparence des meubles.
|
Chambre de bébé transformable
|
Vite remplacé par une nouvelle génération
La chambre Génération Confo est conçue pour l'utilisation de l'enfant de 0 à 13 ans. Evolutive, elle utilise environ 30% de bois et panneaux en moins, en comparaison avec une chambre bébé et une chambre junior traditionnelles. Les déchets de fabrication sont valorisés à hauteur de 98%.
La Semaine du Développement Durable à peine terminée, le modèle remplace immédiatement son prédécesseur dans les magasins Conforama. "Par sa rapidité de mise en oeuvre et d'exécution, le projet aura coupé court à la carrière de la chambre Spirale sans que les clients s'en aperçoivent", avoue malicieusement Pascal Darbon. "C'est la preuve qu'au-delà, ou plutôt en-deça des programmes d'éco-design les plus médiatisés, il existe, chez les fabricants, des marges considérables d'amélioration environnementale sur les gammes existantes", corrige-t-il. Pour beaucoup d'industriels, le renouvellement de l'offre centrée sur la production constitue un tremplin vers des projets d'éco-conception plus ambitieux. Mais, ce qui apparaît comme un gisement de compétitivité est à double tranchant. "Dès lors que les meubles sont identiques en apparence, les bénéfices environnementaux obtenus sont imperceptibles pour le consommateur." À design identique, pas d'effet avant-après ! D'où l'utilité du partenariat avec les distributeurs pour souligner, à travers la communication, la réalité des progrès accomplis.
|
Chambre de bébé transformable en chambre junior !
|
Du bureau à la chambre, Gautier trouve l'environnement le plus porteur
Parmi les voies possibles pour asseoir la compétitivité d'une entreprise, sur son marché et à l'étranger, l'éco-conception est un ressort à ne pas négliger. Comme le montre l'expérience des meubles Gautier.
Paradoxale, la Vendée, peut-être pas! Mais surprenante, certainement. Cette terre, que rien ne prédisposait à l'industrie, a vu fleurir, en quelques décennies, toutes sortes de PME. Nées avec les Trente Glorieuses, les plus prospères, contre toute attente, résistent aux sirènes des délocalisations, y compris dans les secteurs les plus exposés, comme l'ameublement. Leur principal atout, une étonnante réactivité aux évolutions du marché, comme en témoigne l'aventure de Gautier.
En 1958, le fondateur de ce qui n'est encore qu'un atelier de menuiserie artisanale installé au Boupère, en plein bocage vendéen, comprend que le baby-boom est en passe de bouleverser le cadre familial. Il imagine les premières chambres d'enfants. Pari gagné ! Ce mobilier spécifique, vendu à un prix accessible, par des réseaux de distribution dynamiques, séduit les jeunes ménages.
Double jeu
La suite est affaire de diversification. Au gré des modes et des années, chambres d'adultes, séjours puis bureaux s'affichent dans les enseignes spécialisées et les catalogues de VPC. Gautier applique aussi sa recette à la demande des collectivités puis du tertiaire. Avec succès ! Changement d'échelle. Le groupe qui compte un millier de collaborateurs, contrôle trois sites, dont une usine de panneaux, et plusieurs marques. Sa réussite suscite les convoitises. Il faudra même une grève, en 1999, pour sortir l'entreprise et son PDG des griffes d'un groupe financier et recentrer l'activité sur les fondamentaux, dans un contexte perturbé.
Au tournant du millénaire, Gautier, comme tous les fabricants de l'Hexagone, doit faire face à la montée des pays émergents. Du fond de son bocage, l'entreprise garde l'oeil rivé sur l'international en misant sur le label "made in France". Outre les pays européens, où l'entreprise est bien implantée, elle peut aussi compter sur les États-Unis où elle a pris pied depuis une vingtaine d'années pour séduire un marché plus sensible au design.
L'autre voie est celle du développement durable, des nouvelles attentes de consommation... Sur ce terrain, encore mal balisée, le pari est plus risqué, les choix plus compliqués. En effet, il faut trancher entre management environnemental des usines et éco-conception.
En optant pour la certification NF Environnement du mobilier de bureau, Gautier ne choisit pas la voie la plus sereine. Certes, sur ce créneau, il peut escompter un impact commercial direct, à condition de résoudre la difficile équation de l'éco-conception de produits professionnels d'entrée de gamme. "C'est le créneau où la concurrence est la plus féroce", déclare Daniel Torré, directeur de Gautier Office et initiateur de la démarche. Difficile de faire passer l'éco-conception dans des marges aussi serrées ? D'ailleurs, souligne-t-il "la plupart des titulaires de la marque NF Environnement Ameublement sont plutôt tournés vers le mobilier de bureau haut-de-gamme." Et pour cause, puisque, dans ce secteur, le ticket d'entrée est encore plus élevé.
L'art et la matière
L'obtention de la marque NF Environnement Ameublement impose, en effet, la conformité aux exigences de durabilité de la certification NF Bureau Sécurité Confortique. Pour Daniel Torré, "ces spécificités réservées au mobilier de bureau constituent assurément une contrainte supplémentaire pour un fabricant s'adressant principalement au grand public." D'autant que "même sans obligation formelle, la double certification est imposée, de fait, par les grands comptes."
Au vu de tels efforts, on peut difficilement parler opportunisme. "Outre son effet de différentiation dans un système de distribution très concurrentiel, notre démarche était d'abord motivée par une volonté claire de minimiser les impacts négatifs de l'activité" précise cet homme de marketing, formé à l'école Boulle et converti aux vertus de l'écologie industrielle. Heureusement, l'entreprise ne s'engage pas dans l'aventure sans biscuits. "Gautier disposait d'une solide expérience de la normalisation, forgée dans les années 90 avec les Cercles de Qualité et une obtention précoce de l'ISO 9001" rappelle Pierre-Emmanuel Berthault, le manager qualité, chargé de la mise en oeuvre du projet.
Elle peut aussi compter sur les conseils du CTBA et de l'Ademe, sherpas attitrés des industriels de l'ameublement. Au premier trimestre 2002, la collection Salto est retenue comme projet pilote. Un cahier des charges est élaboré. Au programme, notamment, le marquage précis des différentes pièces plastiques en vue de leur recyclage. Premier visé, le PVC, le plus mal vu en la matière. "Nous avons imaginé des tiroirs folding pour le remplacer par du polypropylène, plus facilement recyclable, mais à défaut de pouvoir s'en passer ailleurs, nous avons décidé de l'identifier précisément", explique Pierre-Emmanuel Berthault.
Autre priorité, les panneaux de particules. Matériaux de base de l'industrie du meuble, ils sont suspects en raison de la présence de colles à base de formaldéhyde, un composé organique volatil toxique. "Sur ce point, l'utilisation exclusive de panneaux de classe E1 constituait une solution satisfaisante pour remplir nos obligations car, d'autre part, le bois entrant dans leur composition est certifié PEFC."
|
la collection Salto est retenue comme projet pilote !
|
Des projets pleins les cartons
Une fois la chasse aux matériaux indésirables ouverte, restait à l'organiser sur le terrain. "Le service achat a été chargé de trouver des fournisseurs de pièces et de sous-ensemble susceptibles de répondre à ces critères", indique Daniel Torré. Mais, corrige son collaborateur, "notre démarche n'a été ni éliminatoire ni inquisitoriale ; nous leur avons adressé un questionnaire pour les sensibiliser à la problématique."
La même logique s'est imposée pour les prestataires logistiques. Les emballages ont été revus pour faciliter, d'une part, le recyclage et, d'autre part, le chargement et le transport des produits. "Avec la livraison hebdomadaire des clients et l'optimisation des tournées, nous sommes ainsi parvenus à réduire le bilan énergétique de nos produits tout en valorisant l'activité des transporteurs" souligne Pierre-Emmanuel Berthault.
|
le bureau Salto fait enfin son entrée au catalogue des distributeurs !
|
Mais, s'agissant d'éco-conception, la livraison n'est pas une fin en soi. "Les clients aussi sont mis à contribution", insiste Daniel Torré. En complément du guide de montage des meubles Salto, Gautier a fourni des instructions de démontage et de séparation des éléments en vue de leur recyclage en fin de vie.
Début 2004, le bureau Salto fait enfin son entrée au catalogue des distributeurs. Il aura fallu presque deux ans pour mener le projet à son terme. Six mois suffiront pour lancer Birdy, le second bureau certifié NF Environnement et mettre à profit l'expérience sur l'ensemble de la production. Dans la foulée, Gautier se tourne également vers la gestion environnementale de ses sites de fabrication : la chaufferie est mise aux normes, les unités de finitions modernisées pour limiter les rejets de COV dans l'atmosphère, de nouveaux solvants hydrosolubles sont introduits en 2006...
En inscrivant ces investissements dans un cadre normatif, le groupe obtient finalement la certification ISO 14001, pour la conception et la fabrication des produits. Ainsi doté de tous les attributs de la qualité environnementale, Gautier a renforcé sa réactivité. "Nous pouvons aujourd'hui répondre rapidement à tous les signaux du marché, appels d'offre des collectivités, partenariats avec les distributeurs ou renouvellement de nos gammes grand public", affirme Daniel Torré. Changement climatique, matériaux sains et renouvelables, gestion des ressources et des déchets, priorité aux filières courtes : les occasions de se distinguer sont nombreuses, et les concurrents sérieux, sur ce terrain, moins nombreux qu'il n'y paraît.
|